Sebastian
Bonjour à tous,
Je viens de m'inscrire pour poser quelques questions avant de me lancer dans un projet d'envergure.
Je dois préciser qu'il y a quelques années, on m'a offert du matériel de laboratoire et que j'ai déjà développé quelques pellicules noir et blanc. Des Ilford tout à fait classiques ; à l'époque, on trouvait encore les produits chimiques au grand magasin Brinkmann du coin.
Les résultats étaient plutôt bons, d'après ce que je vois aujourd'hui en regardant les négatifs.
J'ai réessayé hier avec les anciens produits chimiques et un film test, ça a même plutôt bien marché, mais ce n'était plus tout à fait la même chose.
Maintenant, ça m'a repris et j'ai envie d'approfondir un peu plus le sujet. De plus, je dois réaliser
quelques photos de plus grand format pour des candidatures et je pense que, faites maison, elles rendront bien mieux que si je les faisais développer.
Le matériel est là : bacs, pinces, récipients, agrandisseur (Opemus Standard2) et un bac Jobo pour un 35 mm et tout le petit matériel. Il ne manque que les pellicules, les produits chimiques et un peu de « savoir-faire ».
Je pensais à un Adox CHS 50, le tout traité avec de l'APH09, du MacoEcoStopp et de l'AddFix. Comme je débute complètement, j'ai choisi les produits chimiques qui, d'après le catalogue, s'accordent le mieux.
J'ai encore deux questions à ce sujet. Le catalogue indique que je devrais plutôt préparer le bain d'arrêt à seulement 2 % pour les films ADOX en raison de l'émulsion. Ce n'est pas un problème, mais sur la page technique concernant l'efke50 (efke, c'est bien ADOX ?), il est indiqué que je dois verser le durcisseur dans le bain d'arrêt, alors que le catalogue précise pour les films ADOX que le durcisseur doit être ajouté au fixateur. Je suis donc un peu perdu. Je n’ai d’ailleurs jamais utilisé de durcisseur auparavant, je n’y connais donc rien. Par ailleurs, le catalogue indique dans les conseils de développement de procéder à un pré-lavage d’une minute. J’utilise certes un autre révélateur, mais le pré-lavage est-il tout de même nécessaire en général ? Si oui, qu’est-ce que cela signifie concrètement : simplement laisser couler de l’eau pendant une minute dans l’obscurité ? Je pense que sinon, ça devrait se passer sans trop de problèmes, ou y a-t-il des objections d’un point de vue chimique ?
Bon, passons au tirage. Je voudrais reprendre les produits pour le bain d’arrêt et le bain de fixation. Il ne me manque plus que le papier et le révélateur.
Là, je n’ai aucune idée de ce qui serait bien. Les conditions seraient : développement en cuvette et adapté aux débutants.
Pas de papier à gradation variable, car je ne possède pas de filtres. Le ton doit aller du noir neutre au noir chaud. À première vue, le Formaspeed me semble intéressant. Mais je ne sais pas s’il rendra justice au film (je pars du principe que je vais faire des photos superbes ;-)), peut-être avez-vous une meilleure idée. Bon, et comme je l’ai dit, un révélateur adapté, mais lequel ?
Et encore une question de compréhension : qu'est-ce que c'est exactement : « à gradation variable », « multicontraste » et à quoi sert le papier baryté ?
Bon, je crois que c'est tout pour l'instant :-)
Merci d'avance pour votre aide
Salutations, Sebastian
cfb_de
Bonjour Sébastien,
Pour aller droit au but, je vais commencer par ce que tu as le moins envie d'entendre :
Tu ne pourras pas échapper à un certain travail d'apprentissage !
Et maintenant, pour répondre à tes questions :
> Créer quelques portfolios plus étoffés pour mes candidatures, et je pense que s'ils sont faits par moi-même
> ce sera en tout cas mieux que si je les fais réaliser par quelqu'un d'autre.
À condition qu’elles soient vraiment meilleures que la moyenne habituelle des candidatures « soumises ». Autrement dit, elles doivent plaire au lecteur (que tu ne connais *pas* dans le cadre d’une candidature) et susciter une certaine hésitation avant que la candidature ne finisse dans la mauvaise pile.
Ce n’est pas seulement la présentation « correcte en moyenne » adaptée au recruteur qui entre en jeu, mais aussi le motif de la photo.
> kleinkrahm
Pour ta candidature, tu ferais bien de renoncer à ces particularités et d’utiliser à la place l’orthographe allemande classique. Sinon, ta candidature me fera le même effet que ton message actuel : complètement bourré, au mieux défoncé à la coke.
C’était dur, mais sincère. Et tu sais maintenant ce qui compte.
> Je pensais à un Adox CHS 50, le tout passé dans l'APH09, le MacoEcoStopp et
> l'AddFix.
Le CHS50/Efke50 n'est pas un mauvais choix en tant que film en rouleau. Pour les photos de candidature – qu'il s'agisse de portraits ou d'un portfolio d'artiste –, il faut toutefois tenir compte du fait que ce film est sensibilisé différemment des émulsions moyennes actuelles. Le rouge est rendu nettement plus faiblement et peut donner un teint cadavérique aux portraits pris au flash (attention : l'alcool et la coke sont ainsi rendus plus clairement ;-).
Le développement en Rodinal/R09/F09/APH09 convient bien à ce film, je le fais moi-même depuis des années avec de bons résultats.
Le bain d'arrêt et le fixateur sont secondaires. Je renonce au bain d'arrêt du commerce et utilise une cuillère à soupe rase d'acide citrique pour un litre d'eau du robinet. Une livre d'acide citrique coûte environ 3,50 € au supermarché et suffit ainsi pour un demi-mètre cube de bain d'arrêt.
Comme fixateur, j'utilise le X55 d'Amaloco ou n'importe quel autre fixateur.
> Verser le Häter dans le bain d'arrêt
Si l'on tient absolument à utiliser ce produit : il n'a pas sa place ici. On peut ajouter un bain de blanchiment après le bain d'arrêt, mais il faut alors préparer soi-même le blanchiment. Le Maco-Geladur du commerce (à verser dans le révélateur selon la notice) ne cause que des problèmes jusqu'au bain d'arrêt inclus, sans pour autant donner de résultats de blanchiment visibles sur les négatifs imprimables. Au mieux, cela ne fait qu'engendrer de la frustration.
> Adoxfilmen indique que le fixateur doit être ajouté au fixateur.
On peut y ajouter du fixateur et même du Geladur. Le temps de fixation augmente considérablement, le grain est tanné et ne reste plus aussi fin.
En bref : le Häter ? Je n'en prends pas. À la place, un processus propre (ce qui nous ramène au début, à la « phase d'apprentissage »...), puis, après le lavage, un peu d'agent mouillant et le film suspendu pour sécher toute la nuit dans un bain tiède et humide. Tu peux jeter la raclette à film à la poubelle avant, c'est là qu'elle doit aller.
> Conseils de développement : pré-réchauffer 1 minute.
Oui. Exposer à 50 ASA, pré-réchauffer 1 minute, puis dans du Rodinal 1+25 à 20 °C avec des renversements toutes les 15 secondes pendant 7 minutes. Pendant le pré-réchauffage, renverser le flacon environ toutes les 3 secondes. Le liquide qui s'écoule est bleu, ne t'inquiète pas.
Et que tu utilises du Rodinal 1+25 ou de l'APH09/R09/F09 à 1+20, ça revient au même.
Ce film est capricieux en matière d'exposition, il n'aime pas trop la surexposition, il a sa sensibilité « réelle » et devient facilement dur comme de la pierre en cas de surexposition. (D'où le conseil d'utiliser des papiers à gradation fixe en 0-2.)
Ah oui : pré-rinçage également à 20 °C, tout comme le développement, le bain d'arrêt, le fixage et le lavage final. L'émulsion n'est pas un éléphant, mais plutôt une diva sensible.
> Développement en barquette et adapté aux débutants.
Ces deux aspects s’excluent mutuellement. Pour les formats jusqu’au 13x18 inclus, les barquettes de lasagnes surgelées d’Aldi Süd conviennent pour quelques séances de développement (inconvénient : il faut d’abord manger 3 kg de lasagnes et faire la vaisselle après). Ou bien : on trouve aussi des barquettes 13x18 bon marché au supermarché. Des range-couverts sous forme de système de tiroirs emboîtables : par exemple ceux de « curver » en 15 x 23 cm en PP pour un peu moins de 2 € pièce.
> Pas de papier de gradation car je ne possède pas de filtres
Tu devras donc tâtonner pour trouver une exposition et un développement adaptés. Ce n’est pas quelque chose que l’on fait en une soirée.
Il te faudrait du papier à gradation fixe en plusieurs gradations. D’après mon expérience, les débutants avec le R50 ont généralement besoin de gradations de 0 à 2. Un kit MG avec un jeu de filtres reviendrait moins cher.
> (je pars du principe que je vais faire des photos géniales ;-))
Je ne veux pas te couper l'herbe sous le pied, mais tu ferais mieux de ne pas partir de ce principe. Ce n'est pas pour rien que la photographie est un métier, qu'elle demande un apprentissage et qu'elle relève en partie de l'art.
À la lecture de ton message, j'ai du mal à croire que tu saches vraiment ce que tu veux.
Au contraire : tu as la bonne idée de prendre des photos de candidature géniales et de les développer toi-même à la va-vite dans un laboratoire que tu as reçu en cadeau il y a des années. Mais tu n'y connais rien (voir : « Question de compréhension : qu'est-ce que c'est exactement : gradation variable, multicontraste, et à quoi sert le papier baryté ? »).
Si tu t'étais penché sur le sujet il y a des années, tu saurais ce qu'est le baryté. Si tu t'y étais intéressé il y a moins de 20 ans, les termes « multigrade/multicontraste/gradation variable » ne t'auraient pas été étrangers. Mais là, tu as montré que tu es un débutant absolu. Ce n'est pas grave, mais ne te fais pas d'illusions. Tu vas commencer tout en bas, tu vas être frustré, puis tu vas réessayer. C'est le métier qui veut ça. Avant qu'un bricoleur ne parvienne à percer son premier trou droit dans un carrelage avec une perceuse, il lui faut aussi pas mal de pratique.
Sinon, pour les bases :
- www.fotolehrgang.de et ensuite, entraîne-toi (disponible aussi sous forme de livre)
- ISBN : 3-9809801-0-3, puis s'entraîner (pas disponible en ligne, mais va un peu plus loin)
- complété par : tous les cours au format PDF sur sw-magazin.de (téléchargement gratuit)
> La teinte : du noir neutre au noir chaud.
Le Fomatone en Eukobrom avec un peu de benzotriazole donne un résultat assez neutre. Sans benzotriazole, il tend plutôt vers le noir chaud, surtout si l'on utilise une préparation d'Eukobrom plus ancienne.
Pour le Polywarmtone, le vieillissement normal de l'Eukobrom suffit. Frais, il donne un noir neutre ; une fois rance, il est « régénéré » avec une goutte de produit frais, ce qui donne des tons légèrement plus chauds. Un peu de KBr rend le résultat encore plus chaud.
(Cela ne vaut que pour le baryté, je n'ai pas d'expérience avec le PE.)
Je n'aime pas le Fomaspeed. Comme PE, je préfère utiliser du Tetenal Speed provenant d'anciens stocks ou directement de l'Agfa MCP. On en a encore :-)
Et alors, ça t'a aidé ? Non, n'est-ce pas ? Car il n'y a pas de solution instantanée à mélanger.
Meilleures salutations,
Franz
Schwedenstahl
François, c'était un peu dur comme ça.
Ça fait maintenant plus de 20 ans que je fais ce métier et, pour être tout à fait honnête, au début, on aborde bien sûr les choses avec beaucoup de naïveté. Mais il n'y a rien de mal à ça. On grandit tout simplement avec ses responsabilités. Et au début, peu importe qu'il s'agisse d'une émulsion à une couche, d'un révélateur à grain ultra-fin ou de quoi que ce soit d'autre.
L'essentiel, c'est d'avoir obtenu un résultat acceptable sur le papier. Les Américains n'ont pas atteint la Lune dès leur première fusée non plus.
Je recommanderais simplement d'essayer un film Ilford comme le FP 4 ou le HP 5 et un révélateur adapté de Tetenal ou Ilford. Pas de grandes expériences pour commencer. On aura bien le temps pour ça plus tard, et les photos de candidature seront certainement meilleures chez un photographe.
Salutations
Marwan
huehnerhose
Bonjour
Par rapport aux développements en laboratoire que j’avais fait faire à l’époque chez Drospa/IhrPlatz (parce que c’était bon marché), ma première tentative de développement maison s’est avérée au moins aussi bonne. À l’époque, j’avais comparé du FP4+ développé dans de l’Ilfosol avec du FP4+ développé par Drospa. Je comprends donc tout à fait ce que tu disais dans ton introduction.
Sinon, Franz, ne sois pas si colérique :D (ne le prends pas mal) Je te suis reconnaissant pour beaucoup de tes conseils, je ne remets en aucun cas en cause tes connaissances. Mais ta manière de faire... « demande un peu de temps pour s’y habituer ». Quand tu as commencé, il fallait peut-être se tourner vers des livres ou avoir des gens pour t’initier, aujourd’hui, on passe par les forums. Au début, j’ai moi aussi lu des livres, mais il faut lire pas mal de livres pour avoir autant d’idées et d’impressions sur ce qui est possible que ce qu’on trouve sur les forums.
Je me suis lancé dans tout ça il y a six mois et j’en suis aujourd’hui au point où j’obtiens de très bons résultats avec mon matériel de départ (Fomaspeed, reçu à l’époque lors de la liquidation d’une école, Eukobrom). C'est-à-dire que j'ai pu tirer d'un négatif une photo qui semblait correctement exposée et « améliorer » certains détails par des ombrages/surexpositions ou un réglage du contraste, et ce de manière reproductible. J'ai obtenu dès le début des photos qui avaient l'air correctes, mais il me manque encore _beaucoup_ de pratique pour réaliser un travail de tirage vraiment bon.
Quand j’ai essayé le Fomatol un jour, j’en suis resté bouche bée : c’était exactement le genre de photo que j’avais toujours imaginé, en termes de rendu.
Nouveau matériel : Fomatol + Polywarmtone. Je ne suis pas encore assez à l’aise avec le Polywarmtone. Avec l’Eukobrom, je n’arrive pas encore à obtenir de bonnes photos.
Ce que je veux dire par là : on obtient assez rapidement des résultats « acceptables ». Mais pour qu’ils soient bons, voire VRAIMENT bons, il faut de la pratique ! Et comment faire la différence entre une photo banale et une VRAIMENT bonne ? On ne voit souvent les choses qu’après s’être plongé dans le sujet et avoir constaté les différences entre hier et aujourd’hui.
En restant sur un même support, ça va un peu plus vite et on apprend à maîtriser les étapes de travail, ce qui est vite nécessaire quand on change de composant.
(La première photo en PWT m’a pris environ une heure d’essais avant que je sois satisfait de l’exposition)
J'espère être prêt d'ici fin janvier pour obtenir de bons résultats sur PWT et disposer d'un processus de développement de négatifs qui me « satisfasse ». Je vais devoir commencer à constituer moi-même un portfolio avec mes photos, donc tout doit être parfait. Au final, dans ce genre de situation, il faut savoir se vendre, et si on n'est pas encore au point, c'est en fait juste la vérité.
Salutations
huehnerhose
Edit : J'ai une question : peut-on utiliser les films Adox sans hésitation à leur sensibilité nominale et les développer à peu près selon les indications standard ? Je lis sans cesse que des films Kodak/Agfa/Ilford/… avec une sensibilité nominale de 100/400 ASA n'atteignent en réalité que 56/370 ASA. Cela signifie-t-il que le film donne des résultats « optimaux » à 56 ASA avec la combinaison visionneuse/film/révélateur/procédé correspondant, ou est-ce en quelque sorte « universellement valable » ?
Stagirit
Quand je pense au nombre de mètres de pellicule que j'ai gâchés avant d'obtenir des résultats acceptables.
Je ne peux pas m'en prendre à Franz pour le ton qu'il a employé, la question posée par Wastel était déjà un peu effrontée. Après avoir passé deux ans comme assistant en photographie à mon école supérieure, je suis moi aussi clairement favorable au rétablissement des châtiments corporels.
Au moins un Nikon FM2 cassé par semestre, parce qu’encore une fois, un « petit malin » est persuadé qu’avec un peu de force, on peut bien caser 42 photos sur la pellicule.
Au moins une fois, j’ai grillé des alimentations et des lampes, parce que les Elinchrom et les Broncolor ont la même prise (ils sont dans des studios séparés, Bron pour la photographie d’objets et Elinchrom pour la mode).
Régulièrement, les appareils photo ont été rendus soit sans objectif, soit sans carte mémoire.
Des trépieds ont été égarés.
Etc., etc.
L'année dernière, deux étudiants étaient assis dans la cour et comptaient le papier photographique qu'ils venaient d'acheter, puis ils n'ont pu que s'étonner dans la chambre noire.
En soi, ils ont tous le bac et il y a aussi de nombreux cours d’initiation à la photographie, ainsi que des assistants qui ne cessent de leur crier dessus. On en est même presque arrivés aux mains à cause de l’effronterie de certains étudiants.
En ce sens, je peux comprendre Franz.
Les plus dangereux sont ceux qui croient fermement que tout est très simple et que, grâce à leur talent naturel, il ne leur faut que 10 minutes pour faire ce que d’autres apprennent en 20 ans.
cfb_de
Cela signifie-t-il que ce film donne des résultats « optimaux » à 56 ASA avec la combinaison spécifique visionneuse/film/révélateur/procédé, ou s'agit-il d'une règle « universelle » ?
Oui et non :-) Cela signifie par exemple que le HP5+ dans la piste HRX-II n'atteint en réalité que 250 ASA. Dans un autre contexte, il peut toutefois aller au-delà.
Et puis, tout dépend aussi de la façon dont la mesure d’exposition a été effectuée, des goûts personnels et de tout le reste. Si l’on ne souhaite pas effectuer de mesure précise (pour cela, cherche « Martin Jangowski » sur le forum parallèle, il y est très actif en ce qui concerne l’approche précise).
Seule l'information ci-dessus est « universellement valable » :-) Non, sérieusement, la grande majorité des fabricants (à l'exception d'Efke) indiquent des sensibilités ISO idéalisées (car la norme DIN n'a pas grand-chose à voir avec la réalité photographique) et celles-ci ne s'appliquent, à strictement parler, qu'au révélateur spécifique et aux autres conditions spécifiques.
Meilleures salutations,
Franz
SamuliSchielke
Salut tout le monde,
« Les plus dangereux sont ceux qui croient fermement que tout est très simple et que, grâce à leur talent naturel, il ne leur faut que 10 minutes au maximum pour faire ce que d’autres mettent 20 ans à apprendre. »
Je suis tout à fait d’accord avec ça, mais tant qu’ils le font avec leur propre matériel, on s’en fiche complètement. Et quand je repense aux questions mal informées que j’ai posées il n’y a pas si longtemps sur ce forum (par exemple : pourquoi les papiers « normaux » à gradation X et Y n’ont-ils pas la même gradation, l’un semblant plus doux et l’autre plus dur…), j’ai envie de me montrer compréhensif envers celui qui pose la question, même si celle-ci trahit une ignorance totale. On essaie, on apprend, et je conseillerais à un débutant comme Sebastian de faire ce que j’ai fait moi-même et que je continue souvent de faire : utiliser autant que possible du matériel bon marché et simple, car ce qui compte vraiment, ce ne sont pas les combinaisons de révélateurs ni les « vraies » sensibilités ISO, mais le fait d’obtenir un résultat, et parfois, on tombe justement sur un beau coup de chance.
Pendant un bon moment, mes tirages maison n’étaient pas aussi bons que ceux que je faisais développer (aux Pays-Bas, HEMA réalise de très bons tirages noir et blanc dans un grand laboratoire), mais mes négatifs étaient souvent tellement mal exposés que je n’arrivais à obtenir des tirages à peu près comme je le voulais que dans ma propre chambre noire, tandis que le grand laboratoire les exposait selon la valeur moyenne, qui ne semble bien rendre que si l’on expose avec un soin professionnel. Et quand on s'améliore (ce qu'on remarque peut-être au fait qu'on trouve de plus en plus de ses propres photos mauvaises...), on peut se demander si ça vaut la peine d'investir dans la qualité...
Samuli
Sebastian
Salut,
Bon, je dois avouer honnêtement que je suis un peu déçu par les réponses.
Cela dit, c'est le premier message qui m'a le plus aidé. D'un point de vue purement technique. Mais d'une manière générale, premièrement, ce n'est pas le premier forum sur lequel je me rends et le langage Internet peut toujours être interprété de différentes manières, même si je me demande toujours comment on peut passer du révélateur photo à la punition corporelle. « Frappe ce débutant... » bon, je peux facilement passer outre et ne pas m'en préoccuper. Deuxièmement, ce n'est effectivement pas comme si je pensais que je vais prendre des photos géniales demain (en parlant du film !), acheter un peu de produits chimiques et réussir de superbes tirages. Je sais bien que ce n'est pas faisable en une soirée. Ce ne serait pas le premier passe-temps (pour moi, ça reste un passe-temps) qui comporte un certain apprentissage que j’aimerais bien maîtriser. Je suis désolé si quelqu’un se sent touché dans sa fierté professionnelle...
Le fait est que j’aimerais approfondir ce qui fonctionnait il y a des années avec des moyens simples. Et je me suis dit : je vais poser la question avant d’acheter tout ça, pour éviter que quelque chose ne marche pas parce que c’est complètement faux ou que ça ne fonctionne pas malgré les recommandations du magasin, voir Hüter par exemple.
Le fait est que je veux justement essayer quelque chose de nouveau et, bon sang, tant pis si les premiers films ne donnent absolument rien. On s’en fiche. Mais le trial and error pur et simple, c’est trop bête pour moi. Encore un mot sur les photos de candidature : le thème est « comment je vois ma famille en 10 images » et il s’agit ici davantage du message que de la qualité des photos. Je pourrais aussi utiliser un film couleur
Prendre 10 photos et le tour est joué. Ça aurait de toute façon été l'alternative si ça ne marchait pas avec les tirages en noir et blanc. Ça aurait juste été plus joli.
Bon, sans être beaucoup plus avisé qu'avant, je vais maintenant essayer ça. Mais les réponses que j’ai reçues m’ont plutôt découragé. Une remarque du genre : « non, essaie plutôt ceci ou cela » ou « techniquement, ça marche, mais ce n’est pas tout à fait simple » aurait tout aussi bien suffi.
Cordialement, Sebastian
PS : Pourquoi les révélateurs à un seul bac et ceux adaptés aux débutants s’excluent-ils mutuellement ?
Je veux dire, 3 bacs, c’est plus simple que 4 si on les compte tous...
huehnerhose
Bonjour Sébastien,
Le baryté : un papier photographique sur du « vrai » papier sans revêtement plastique, ce qui ne t'intéresse sans doute pas pour l'instant. Faire sécher le baryté ou lui donner un aspect brillant me semble relever de la science et d'une guerre de religion. Le baryté est censé donner une image « plus belle » que les papiers PE/RC et est (s'il est bien traité) sans doute plus durable. C'est pourquoi les tirages d'exposition ou les tirages d'art sont pratiquement toujours réalisés sur du baryté. Le PE/RC est recouvert d'une couche de plastique. De ce fait, le papier n'absorbe pas autant de liquide. Le PE sèche (presque) à plat et devient brillant s'il s'agit de papier brillant. (Je n’ai pour l’instant que très peu d’expérience avec le papier baryté ; je n’ai que deux boîtes d’ORWO-Baryt, avec lesquelles je n’arrivais pas à maîtriser le contraste lors de mes premiers tirages, car j’avais commis une erreur lors du développement)
Multigrade/changement de gradation/multicontraste (tout cela ne devrait-il pas être la même chose ?) Tu peux contrôler le contraste de l’image à l’aide de filtres. Si tu achètes un jeu de filtres, tu n'auras pas besoin d'avoir plusieurs papiers différents et tu auras des possibilités comme le split-grade ou autres.
À propos de l'ADOX CHS : je ne l'ai utilisé jusqu'à présent qu'en moyen format et je n'ai développé qu'une seule pellicule. Je l'ai développée sans accroc, dans du Rodinal. La pellicule a l'air plutôt bonne. Je n’ai pas pré-rinçé. Je pense que le résultat a été « simplement » que le révélateur versé était violet. Si je me souviens bien, la recommandation concernait principalement les films plans ?
Par « faire jaillir de l’eau », tu veux dire une Cascade ? Je crois que Franz parle de verser de l’eau dessus et de la traiter comme s’il y avait des produits chimiques dedans, avec un rythme de versement. Je trouverais ça intéressant aussi. J'utilise une Jobo-Cascade, car elle était fournie avec ma boîte à l'époque et je ne me suis jamais soucié du rinçage, mais j'ai lu récemment quelque chose sur le « rinçage Ilford ». Alors Franz, pourrais-tu peut-être expliquer brièvement comment tu rince tes films, y compris le rinçage final ?
À propos du conseil de Franz concernant l’Eukobrom avec du KBr… ne le prends pas au sérieux. Franz est chimiste et s’y connaît en photochimie. Quand on en est là, on peut « peaufiner » les révélateurs ou les composer soi-même, mais pour toi (tout comme pour moi), ce n’est sans doute pas encore judicieux ; il faut d’abord maîtriser le processus lui-même. J’utilise aussi l’Eukobrom. Contrairement au Fomatol, il est très docile. Cela signifie qu’il se conserve longtemps sans que son efficacité ne « s’oxyde ». (Peut-on en dire autant de tous les révélateurs à tons chauds ?) Il développe relativement vite et, avec du Fomaspeed par exemple, on obtient un résultat assez proche de la neutralité et l’image est développée en 40 à 120 secondes, ce qui facilite le travail lors des tests. On peut ainsi développer l'image avec des bandes d'essai en 5 minutes, alors qu'avec le Fomatol, il faut d'abord attendre 5 minutes que la première bande d'essai soit développée. C'est donc parfait pour s'entraîner.
Pour le fixateur pour film et papier : tu devrais en tout cas avoir deux préparations, une pour le papier et une pour le film. Franz pourra sans doute mieux t'expliquer pourquoi, je n'ai malheureusement pas le lien sous la main qui l'expliquait. Tu peux toujours faire une petite préparation de 300 ml pour les films, si tu n'en développes qu'un à la fois, c'est comme ça que je procède.
cfb_de
Salut Sebastian, salut Seb^H^H^Hhuehnerhose (il fallait que je le dise :-),
maintenant que les choses se sont calmées et que les questions ont été clarifiées (Sebastian : si tu avais dit tout de suite ce qu'il en était des photos de candidature, je me serais un peu mieux tenu. Mais comme ça, je ne pouvais avoir que cette impression.), je reviens donc sur le sujet (et sur notre pantalon de volaille à nouveau en liberté :-). Ça va être un peu le bazar, je ne vais pas m'embêter avec les citations pour l'instant, mais je vais répondre d'abord à l'un, puis à l'autre. Je vais m'épargner les jeux de mots pour l'instant.
> Le baryté donnerait une image encore « plus belle » que les papiers PE/RC
C'est une question de goût. Moi, j'aime bien. Et séché contre le tissu de la presse à sec ou traité avec la méthode du ruban adhésif humide, c'est aussi assez simple de rendre ce truc bien plat. La surface d’un baryté séché de cette manière est impossible à obtenir avec n’importe quel PE au monde (et peu importe si le verre du cadre doit de toute façon passer devant). Grâce aux papiers « modernes », le brillant est devenu une véritable science/magie noire.
J’apprécie particulièrement la surface du baryté séché à l’air libre puis cirée.
> [Développement de l'ADOX 50] : Si je me souviens bien, cette recommandation concernait-elle principalement les films plans ?
Non. Du moins, pas la mienne. Je n'utilise pas de films plans (le développement maison du GF est depuis des années une « blague récurrente » dans ma vie), je parlais déjà des films en rouleau.
> Je crois que Franz veut dire qu'il faut verser de l'eau dessus et traiter ça comme s'il y avait des produits chimiques dedans, avec un rythme de basculement.
Oui. De l'eau dedans, rythme de basculement de 3 à 10 secondes. Vider l'eau et verser le révélateur.
> Alors Franz, tu pourrais peut-être expliquer brièvement comment tu rinces tes films, y compris la fin du rinçage ?
Au gré de mes envies. Quand je fais beaucoup de développement et que je veux gagner du temps : je passe la première boîte par le processus Cascade et je laisse tourner. Quand j’ai fini avec la deuxième boîte, ça marque la fin du rinçage pour la première.
Quand j’ai peu de travail : je rince selon la méthode Ilford tout en regardant la télé (Tatort du dimanche). Donc : de l’eau dans la boîte, cinq secousses. Au bout de deux minutes, vider, remettre de l’eau, renverser dix fois. Vider… remettre… renverser 15/20/25 fois, c’est fini.
Une technique d’avare pour économiser l’eau. Mais : sans stress et plus sûr si l’on travaille avec de l’eau préchauffée à 20 °C. Un seau de 10 l me permet ainsi de réaliser facilement deux développages.
> [Durée de conservation de la solution d’Eukobrom] : cela signifie qu’elle se conserve longtemps sans que son efficacité ne « s’oxyde ».
Oui. Elle se conserve presque indéfiniment. Dans un bidon hermétique et une cave fraîche, jusqu’à un an et demi. Je n’ai pas encore essayé plus longtemps, je ne prépare que très rarement 12 l de ce produit d’un coup.
> Peut-on en dire autant de tous les révélateurs à tons chauds ?
Non, justement pas dans ce cas-là. L'Eukobrom n'est pas un révélateur à tons chauds. Et les révélateurs à tons chauds ne se conservent pas aussi longtemps. Je vous épargne le calcul, le forum ne peut pas afficher de formules mathématiques.
> [Fixateur] : Dans tous les cas, tu devrais avoir deux préparations, une pour le papier et une pour la pellicule.
Oui. Absolument ! Cela tient au fait que les pellicules contiennent de l’iodure, ce qui altère la qualité du fixateur. De plus, les résidus de l’antihalo de la pellicule se retrouvent dans le fixateur (mot-clé « TMax rose »), ce qui ne fait certainement pas le bonheur du papier photo non plus.
Mais cela ne change rien au fait qu’on peut tout de même préparer les deux solutions à partir du même flacon de concentré.
> Deuxièmement, ce n’est pas que je pense que je vais faire des photos géniales demain (en ce qui concerne la pellicule !)
Alors écris-le comme ça :-)
> Je suis désolé si quelqu’un se sent touché dans son honneur professionnel…
Ce n’est pas nécessaire, j’ai un autre métier. Mais j’ai déjà vu suffisamment de gens aborder la photographie noir et blanc comme de la peinture par numéros et s’attendre à un résultat parfait le jour même. D’où ma remarque claire sur le chemin semé d’embûches.
> Le thème est « comment je vois ma famille en 10 photos » et il s’agit ici davantage du message que de la qualité des photos
Alors lance-toi. Prends une pellicule de type HP5+ (très bien), FP4+ (à grain fin, mais seulement environ 100 ASA) et développe-la strictement selon la notice dans l’ID11. Ça te donnera une idée approximative du développement de la pellicule.
Mais oublie les Efkes pour l’instant, elles te dépasseront clairement au début.
Pour les tirages, procure-toi de préférence un jeu de filtres MG (les moins chers chez Mirko ici suffisent amplement) et un carton de papier MG. Éclairage Duka rouge, les filtres peuvent être placés sous l'objectif V. (si nécessaire, retire le filtre rouge, tu auras alors un support de filtres pratique).
Et puis lance-toi. En tant qu'autodidacte, tu jetteras quand même les premières dizaines de tirages à la poubelle le lendemain. C'est pourquoi tu dois noter au dos au crayon (car ça ne tient pas dans le révélateur) comment tu les as exposés, sinon l'effet d'apprentissage partira aussi à la poubelle.
> Les réponses m'ont toutefois plutôt découragé.
Bon, il a peut-être diminué, mais en contrepartie, la part de réalisme dans ma vision du monde a augmenté. Pas de biscuits sans efforts.
> Pourquoi les révélateurs à simple paroi et la facilité d’utilisation pour les débutants s’excluent-ils mutuellement ?
Parce que cela incite fortement à travailler de manière négligée, à ne pas réaliser correctement, à ne pas respecter les temps de fixage, et que de graves sources d’erreurs se cachent derrière la porte : par exemple, de manière « étrange », on obtient soudainement des tirages ternes (des résidus de bain de fixage dans le bac, le révélateur de la tirage suivant en meurt alors lamentablement), des taches (des dépôts argentés dus à un fixateur usé, qui se retrouvent ensuite sur le tirage) et mille autres méchancetés.
Ah bon, tu ne parlais pas d’un processus à un seul bac, mais seulement d’un bain de développement ? Grmpf. Pourquoi n’y ai-je pas pensé tout de suite ? Oui, *ça*, c’est plutôt adapté aux débutants ! Trois bacs plus une solution finale. On ne peut pas faire plus sûr. L’étape suivante serait alors le fixage en deux bains : la solution de fixage usagée d’abord, puis la solution fraîche à la fin comme deuxième bain. On peut le faire, mais ce n’est pas obligatoire. Je ne le fais pas, sauf parfois avec du « barytine de commerce ».
Encore deux ou trois conseils pour te remettre dans le bain :
- Lumière rouge. Je l’ai déjà dit. Pas une ampoule de fête (!), un vrai filtre.
- Emporte un journal. Après quelques minutes sous la lumière rouge, les images qui s’y trouvent devraient te paraître à nouveau « normales » ; cela signifie que ton cerveau s’est plus ou moins adapté à cette nouvelle perception visuelle et que tes tirages te semblent désormais juste un peu trop durs. Mais tu peux ainsi voir si le développement est déjà terminé.
- Travaille lentement ! Mieux vaut d'abord mener un tirage à son terme jusqu'à ce qu'il soit sec (effet de séchage : les contrastes changent en séchant), puis faire un deuxième essai.
- Une grande poubelle dans la chambre noire et une autre devant, dans la zone éclairée par la lumière du jour ;-) Et une autre pour le lendemain.
- Entraînement mental préalable pour lutter préventivement contre la frustration.
- S'entraîner au développement de la pellicule et à l'exposition : acheter des bandes de 24 poses, huit photos avec un diaphragme en dessous de la sensibilité nominale, huit avec un diaphragme au-dessus, huit à la sensibilité nominale. Développer, puis agrandir. Tu auras alors une idée générale de ton processus de développement et tu t'initieras automatiquement au traitement des positifs.
- Pour le développement des films : film standard, solution standard. Pour les tirages positifs : papiers courants comme l'Ilford MGIV ou le Foma Variant. On s'occupera du résidu plus tard.
Meilleures salutations,
Franz
Sebastian
Bonjour,
Merci beaucoup pour vos réponses, ça m'aide vraiment beaucoup ! Je connaissais déjà un ou deux de ces conseils, ce qui me montre au moins que je ne pars pas complètement de zéro :D . Pour lutter contre la frustration, il faut environ 3 à 4 bonhommes en chocolat en jupe rouge, non ? Par jour, je veux dire. Mais je devrais peut-être trouver autre chose, car à la longue, ça fait grossir. Je vous tiendrai au courant de la suite si les articles arrivent avant Noël.
Salutations, Sebastian
Gast
Bonjour Franz,
Pourquoi les Efke seraient-elles trop difficiles à traiter ? À l'époque, j'ai commencé à développer moi-même avec de l'ADOX KB 17 et du papier baryté Adox à gradation fixe : ça marche très bien.
C'est vrai que l'Ilford FP4 et l'Ilfospeed sont plus faciles à utiliser, mais ce n'est pas forcément indispensable.
Roland
cfb_de
Bonjour Roland,
Pourquoi, en tant qu'autodidacte, se compliquer la vie plus que nécessaire ? Bien sûr, ça marche aussi avec les Efke. Mais c'est tout simplement plus simple avec un matériel moins exigeant. Vu le nombre de sources d'erreurs possibles (que Sebastian ne peut pas toutes repérer), je voudrais en éliminer le plus possible d'emblée grâce à ma recommandation.
Et si j'ai bien compris Sebastian, il souhaite également obtenir assez rapidement ses premiers films imprimables et ne pas commencer par développer trois Efkes qui finiront à la poubelle (je pense ici aux erreurs classiques : « trop dur », « émulsion rayée/qui s'enlève », « ne sèche pas à plat », « reste rose »).
À l'époque, j'ai moi aussi commencé autrement. Mais sous la supervision d'un instructeur sur place, et non pas seul chez moi.
Meilleures salutations,
Franz
Gast
Franz est bête !
cfb_de
Et paix sur la terre, alléluia !
Gast
Bonjour,
Mon conseil : en tant que débutant, n'écoute pas les autres, surtout pas sur les différents forums.
Achète des livres sur le sujet, lis-les et fais tes propres essais.
Mes recommandations de lecture : les éditions Augustus proposent une très belle collection et, si tout se passe bien, le livre d'Andreas Weidner. Tout le reste est trop compliqué.
Cordialement, xxx