SamuliSchielke
Les tirages noir et blanc bien fixés et lavés sont considérés comme assez durables, mais quelle est exactement leur durée de vie, et comment peut-on la prolonger ?
On m'a dit que les tirages sur papier baryté sont plus durables que ceux sur papier PE, et qu'il est possible d'augmenter leur durée de vie grâce à un virage à l'or, au soufre ou au sélénium. Quels facteurs faut-il prendre en compte dans ce cas ? Et de quels ordres de grandeur parle-t-on exactement ? Des dizaines d'années ? Des centaines ?
Et tant que j'y suis, qu'en est-il de la durée de conservation des négatifs ?
Cordialement,
Samuli
Gast
Bonjour Samuli,
Tu peux partir du principe qu'un tirage argentique bien choisi peut durer des dizaines d'années, qu'il s'agisse aujourd'hui de papier PE ou baryté. L'époque où le papier PE avait une durée de vie nettement plus courte est sans doute révolue. D'un autre côté, on ne dispose tout simplement pas d'expérience pratique, mais uniquement de tests de simulation (qui, semble-t-il, donnent de bons résultats pour le papier PE moderne).
Avec un virage au sélénium ou à l'or, on atteint l'ordre de grandeur de cent ans.
Il s'agit essentiellement de 3 risques :
Mécanique : c'est sans doute le plus important. Les papiers PE pourraient éventuellement avoir un avantage à ce niveau.
Chimique concernant la gélatine : en cas d'humidité, la gélatine peut moisir ou nourrir d'autres micro-organismes.
Chimique concernant l'argent : c'est seulement là que le virage aide. Au sélénium ou, mieux encore, à l'or.
Regarde des photos datant d'avant la Première Guerre mondiale. Elles sont d'abord froissées/déchirées/rayées, puis éventuellement décolorées ou moisies.
Si tu veux exclure la gélatine, tu dois opter pour le platine ou les callitypes avec un virage à l'or.
Comme je l'ai dit, les conserver mécaniquement pendant plus de 100 ans demande aussi beaucoup d'efforts. Mais le platine sur du papier de bonne qualité devrait être aussi durable qu'une Bible de Gutenberg.
En principe, il en va de même pour les négatifs, même si les supports de film modernes, contrairement au celluloïd, durent probablement presque éternellement.
Salutations
Martin
Gast
Bonjour, Samuli !
Même sans traitement supplémentaire, une photo noir et blanc parfaitement réalisée, conservée dans de bonnes conditions, peut traverser les générations. Le virage ou le traitement au Sistan peuvent contribuer à cette longévité en protégeant la photo contre d'éventuelles influences néfastes.
Tu vois donc que plusieurs facteurs concourent à la durabilité d'une photo.
1.) La condition préalable est un développement impeccable, avec un fixage minutieux mais pas excessif et un lavage suffisant.
2.) La photo finie doit être protégée de l'humidité, des fortes variations de température, des gaz nocifs (provenant par exemple des matériaux de construction ou des meubles) et des dommages mécaniques.
3.) Certaines teintures (par exemple le virage au soufre) transforment l'argent de l'image en composés plus stables, qui présentent une meilleure résistance aux influences environnementales. Un traitement au Sistan ou à des stabilisateurs d'argent comparables n'est pas un virage, mais protège l'image contre la dégradation causée par le thiosulfate résiduel (provenant du fixage).
Cordialement
Holger
Gast
Hé, qu'est-ce qui s'est passé ? Quand je l'ai saisi, le texte avait l'air tout à fait normal, sans tout cet espace autour.
Holger
mau
La durée de conservation des négatifs noir et blanc est généralement bien supérieure à celle des supports couleur.
Comme pour presque tout ce qui existe sur terre, la règle d'or est de les conserver dans un endroit frais et sec (mais pas trop sec).
De plus, le papier baryté se conserve plus longtemps que le papier PE.
Il va de soi que le traitement est important, mais cela vaut en fait de manière générale.
Il faut éviter de stocker ensemble le PE et la barytine. Les meubles neufs, qui dégagent encore une odeur, ne sont pas non plus recommandés.
Il existe des directives et des normes pour un traitement (www.ehrleprint.de) et un stockage adaptés à l'archivage. Le terme PAT revient souvent dans ce contexte. Il s'agit d'une directive américaine largement répandue.
Mon expérience personnelle :
Un tirage sur papier PE, mal fixé et/ou mouillé, commence à se dégrader au bout de quelques semaines seulement.
Idem pour les tirages sur papier baryté.
Un tirage sur papier PE bien réalisé, accroché au mur, se conserve plusieurs années, en fonction de l'intensité lumineuse.
Un tirage sur papier baryté bien réalisé se conserve pendant des décennies dans les mêmes conditions que celles mentionnées ci-dessus.
Dans des conditions d'archivage, le tirage PE devrait tenir plusieurs décennies et le tirage baryté 100 ans et plus.
De plus, même lorsque le tirage commence à se dégrader, l'information visuelle reste visible pendant longtemps.
Les virages prolongeant la durée de vie sont toujours indiqués lorsque les conditions d'archivage ou de présentation sont incertaines ou s'écartent nettement de l'optimum.
SamuliSchielke
Tout d'abord, merci beaucoup pour vos conseils, ils me sont déjà très utiles. Mais il semble y avoir des avis divergents quant à la durabilité d'archivage du PE par rapport au papier baryté. En supposant que tous les autres facteurs soient idéaux : le PE est-il réellement moins durable que le papier baryté, et si oui, pourquoi ? Et si ce n'est pas le cas, qu'est-ce qui a changé depuis les années 70 ?
Gast
Tout ce qu'il y avait à dire a déjà été dit, je me contenterai donc d'une remarque tirée de mon expérience « pratique » de la photographie.
Il y a environ trente ( ?) ans, j’ai testé les papiers Oriental - Seagull, les premiers papiers PE et le baryté classique. Ces tirages d’essai sont conservés jusqu’à aujourd’hui dans une boîte en carton ordinaire et sombre, dans des « conditions ambiantes » normales et variables (température comprise entre 17 et 24 degrés / humidité comprise entre 40 et 70 %). Ni le PE ni le baryté n’ont subi de changement visible dans ces conditions. Je suppose toutefois que dans vingt ans (soit après cinquante ans de stockage), une différence en faveur du baryté apparaîtra.
Il y a vingt ans, vers 1985/86, j’ai réalisé deux tirages comparatifs qui, jusqu’à il y a deux ans, étaient encadrés et accrochés au mur d’une pièce à vivre normale, soumise à des variations de température et à la lumière. Les deux papiers avaient été traités à l’époque avec le plus grand soin et dans les règles de l’art.
Résultat : le motif sur le Guilleminot (G3) – papier baryté (malheureusement, ce papier n'existe plus) ne présente aucun changement. En revanche, la photo sur le papier Ilford PE a déjà fortement changé, présentant des « reflets argentés », des taches brunes et des décolorations !
En clair. Les données théoriques concernant la durabilité des papiers barytés et PE/RC se vérifient pleinement. Quiconque souhaite donc posséder des tirages durables (surtout s'ils sont souvent « accrochés dans la pièce ») devrait, voire doit inévitablement, travailler avec du papier baryté. Le surcroît de travail et d'efforts en vaut la peine. D'ailleurs, je ne travaille que sur du papier baryté, même pour ce que l'on appelle les « travaux courants » ; mais cela a sans doute aussi beaucoup à voir avec une « vision du monde ».
Gast
Désolé, j'ai oublié de mentionner mon nom. Juste pour éviter que quelqu'un ne s'énerve à nouveau contre un contributeur anonyme de « Praktische Foto-Leben ».
Cordialement,
Lothar van de Renne
Gast
Bonjour Lothar,
Tu n'aurais pas, par hasard, d'expérience concernant la durée de conservation des tirages argentiques en couleur, par exemple les tirages lith épais ou les virages à l'or, au soufre ou au sélénium teintés en couleur ? Je veux dire en ce qui concerne la tenue des couleurs.
Amicalement,
Martin
Gast
Bonjour Max,
Je ne peux te parler que du virage au sélénium (et du Viradon/Agfa), car je les utilise de temps en temps. Je n'utilise toutefois plus ce dernier aujourd'hui. Si je compare d’anciens tirages barytés des années 70, qui ont souvent été empilés (notamment lors d’expositions dans de mauvaises conditions), je dirais que la durée de vie – sans pouvoir te donner de chiffres concrets en années – des tirages virés au sélénium est probablement supérieure de 10 à 20 % à celle des tirages non virés. Des résultats tout aussi bons, mais peut-être seulement 10 % de plus au maximum, s'appliquent certainement au viradon/Agfa – virage brun, car j'ai également constaté ici un très bon état de conservation sur d'anciens tirages.
Le Sistan d'Agfa (stabilisateur d'argent) est également censé, tout comme le sélénium, offrir une très bonne stabilité d'archivage. Je n'ai cependant aucune expérience pratique en la matière.
Donc, si tu souhaites réaliser un tirage pour « l'éternité », je te recommanderais le baryt plus le virage au sélénium !
P.S. … mais qui sait si l'éternité est si désirable que ça ?!
À bientôt
Lothar