Gast
Quelles sont les implications de l'utilisation de différents procédés de développement de la pellicule, tels que le développement par repos par opposition aux méthodes traditionnelles d'agitation, sur la qualité finale de l'image en photographie noir et blanc ? Plus précisément, comment ces méthodes influent-elles sur la structure du grain, la gamme tonale et les détails dans les ombres, et quels sont les éléments à prendre en compte selon les types de pellicule ?
MirkoBoeddecker
L'agitation a un effet sur l'uniformité de la répartition des produits chimiques à la surface du film. Si vous agitez trop peu, vos résultats risquent de présenter des stries ou des coulures de bromure (Bromidabläufe). Si vous agitez trop, cela affecte tout d'abord le temps de développement, qui diminue. L'effet sur le grain et les autres résultats picturaux est faible, à une exception près : l'activité à la base de la courbe par rapport à celle au sommet de la courbe. En intercalant des périodes pendant lesquelles on ne rajoute pas de révélateur localement à la surface du film, on peut éclaircir les ombres sans bloquer les hautes lumières.
Plus ces intervalles sont longs, plus l'effet est prononcé. Le développement en cuve est le plus efficace et fonctionne particulièrement bien avec des révélateurs à usage unique très dilués qui, en même temps, durent longtemps et ne s'épuisent pas en quelques minutes (par exemple, le Rodinal).
Alors, comment cela fonctionne-t-il ? Si un révélateur fortement dilué agit sur une zone de la surface du film où celui-ci a été fortement exposé et qu’il y trouve de nombreux halogénures d’argent développables (halogénures d’argent exposés), il s’épuise localement et perd de son efficacité (il s’agit de vos hautes lumières, par exemple les nuages blancs dans le ciel). Ces zones sont donc développées plus lentement que si vous les réapprovisionniez constamment en révélateur frais par agitation.
Dans les ombres, on observe l'effet inverse (peu d'halogénures d'argent ont reçu suffisamment de lumière pour être développables, mais si l'on persévère suffisamment longtemps, on finit par tous les capturer). Cela éclaircit vos ombres et augmente ainsi efficacement la sensibilité de votre film. La règle d'or est la suivante : exposez pour les ombres et développez pour les hautes lumières. Cela signifie que vous devez arrêter le développement avant que vos hautes lumières ne commencent à se bloquer et ajuster l'exposition de manière à ce que vos ombres révèlent des détails. Le développement en repos vous aide à éclaircir ces zones, ce qui vous permet d'exposer moins.
Nous estimons que cet effet apporte environ un tiers à un demi-diaphragme si l'on compare l'agitation continue à la méthode par inclinaison, où l'on laisse reposer pendant 50 secondes puis on agite 10 secondes toutes les minutes.
Avec le Rodinal et le développement au repos, cet effet peut augmenter la vitesse d'un diaphragme entier.
Selon certaines rumeurs, cela pourrait même aller jusqu'à deux diaphragmes ou plus, mais nous n'avons jamais vérifié cela scientifiquement.