TiMo
Jusqu’à présent, je n’ai travaillé qu’avec du papier RC. Mais le papier baryté m’attire beaucoup. Les principaux freins qui m’ont empêché de l’essayer jusqu’à présent étaient la grande quantité d’eau nécessaire au lavage et le séchage. Mais maintenant, le Polywarmton est sur le point d’arriver (n’est-ce pas, Mirko ;) ) et j’ai envie de me familiariser avec le papier baryté.
On trouve beaucoup d’informations sur Internet, mais elles sont souvent contradictoires. C'est pourquoi je souhaite poser la question ici, car je peux mieux évaluer les recommandations :
- Quelle méthode de lavage est la plus adaptée pour obtenir le résultat souhaité de manière relativement économique ?
- Le séchage à l'air libre est-il judicieux ? Je n'ai pas de place pour un séchoir, sans compter que les prix des modèles d'occasion sont ici exorbitants.
Merci et salutations
Tim
gurkensaft
Salut Tim.
Le terme « judicieux » peut s’interpréter de bien des façons…
Tout dépend aussi de ton volume de production.
Si tu veux simplement essayer pour l’instant, pas besoin d’investir.
Ici, tu peux laver les fruits sous l’eau courante ou dans un bac avec des changements d’eau suffisants.
Un bain intermédiaire avec un produit d’aide au lavage permet d’économiser de l’eau et du temps. Quant à savoir si c’est rentable… je n’en ai aucune idée.
Tu as peut-être déjà un tambour Jobo (ou d’un autre fabricant, un tuyau d’évacuation…) ? On peut aussi y faire tremper les pièces en les faisant rouler. Que ce soit avec le processeur ou à la main sur la table, ça n’a pas d’importance.
Si tu veux vraiment te lancer, tu pourras toujours investir si nécessaire – des accessoires de luxe :D. Dans un tambour ou une machine à laver (tu peux aussi en fabriquer une toi-même si tu es habile).
La machine à laver prend peu de place, car le lavage se fait généralement à la verticale.
Le séchage peut aussi se faire sur une moustiquaire (puis, avec un minimum d'humidité résiduelle, presser à plat entre des livres ou autre), ou avec la méthode du ruban adhésif humide (ruban adhésif pour placage).
Pour cette dernière méthode, j'utilise des plaques de verre un peu plus épaisses. On peut ensuite les placer debout, chargées, pour le séchage.
Je procède ainsi pour 2 ou 3 images et la presse reste froide.
Les finitions sont toutefois différentes. Contre le tissu, le résultat est plutôt mat, à l'air libre, il y a plus de brillance satinée (ce que j'apprécie beaucoup).
Salutations, Torsten
piu58
Les instructions concernant le lavage du papier baryté visent à obtenir une qualité digne d'un musée, c'est-à-dire une conservation sur plusieurs centaines d'années. Dans ma jeunesse, je ne travaillais qu'avec de la barytine (le PE n'existait pas), et j'ai certainement parfois travaillé de manière négligente. Les défauts que l'on constate plus tard sont des défauts de fixage. Ces taches brunes et violettes apparaissent assez rapidement, en l'espace de quelques semaines. Après quatre décennies, je n'ai découvert aucun défaut de rinçage, bien que j'aie souvent été négligent à ce sujet.
De nos jours, on ne fabrique plus le baryté en grande quantité. Je rince les photos individuelles dans un bol en changeant l’eau cinq fois, en augmentant progressivement la durée. Avec ce procédé, je peux déjà me prévaloir de 15 ans d’expérience : aucune altération.
Les photos destinées à la vente, je les rince selon les normes d’archivage (1/2 h sous l’eau courante). C’est une question de décence.
TiMo
Bonjour Torsten,
Merci pour ta réponse.
Tu places donc le papier légèrement humide entre deux plaques de verre et tu poses un poids sur celle du dessus ?
Bonjour Uwe,
Merci à toi aussi pour ta réponse.
Je comprends de ta réponse que « ce n'est pas si grave ». Par « erreur de fixage », j'imagine que tu veux dire que le fixage n'était pas suffisant, et non que le fixateur n'avait pas été correctement rincé.
Combien de temps le papier reste-t-il dans le bac ?
Merci et salutations,
Tim
piu58
> ça veut dire qu'il n'est pas assez bien fixé
C'est ça. Les images collaient les unes aux autres à cause de la production en série et tout ça.
> Combien de temps le papier reste-t-il dans le bac ?
D'abord, il faut le rincer, c'est-à-dire remplir le bac et le vider tout de suite après. Ensuite, 1, 2, 5, 10 et 10 minutes. C'est comme ça que je procède.
TR
Tu places ensuite le papier légèrement humide entre deux plaques de verre et tu poses un poids sur celle du dessus ?
Je pense que cela va
coller le papier. C'est exactement comme ça que je procède et, d'après mon expérience, la méthode du ruban adhésif est la seule qui permette d'obtenir un beau papier baryté épais, à partir du format 24x30, aussi plat qu'à sa sortie de l'emballage. Obtenir un tirage baryté 30x40 vraiment plat, « satiné » et sans rognures est déjà quelque chose de spécial. Pour les petits formats, une presse ou une « grille anti-mouches » suffira. Pour les grands formats, cependant, il y a toujours des ondulations sur les bords (même dans la presse), que je n’ai jamais réussi à éliminer autrement. J'utilise du ruban adhésif blanc que je laisse toujours sur les bords pour les protéger ou pour avoir une « marge de préhension ».
TiMo
Bonjour Uwe,
Tu n'utilises donc pas d'aide à l'arrosage.
Bonjour T.R.,
Merci pour le lien. La méthode a l'air intéressante. Mais j'aurais un peu peur de poser un chiffon sur le dessus et d'effectuer un enroulement dessus. Est-ce que tu procèdes comme ça toi aussi ?
Ici, je ne trouve bien sûr du ruban adhésif qu'à des prix exorbitants. Je vais sans doute devoir me le faire envoyer d'Allemagne.
Merci à vous
Tim
PS : Dans l'article lié, j'ai lu que le papier baryté fonçait encore en séchant. Est-ce le cas chez tous les fabricants de papier ou cela ne concerne-t-il que le papier de l'auteur ?
Gast
À ma connaissance, l'effet de « dry down » se produit sur tous les papiers barytés et doit être pris en compte lors de l'exposition finale. Pour les tirages de qualité, je sèche donc une bande d'essai ou un tirage d'essai à l'aide d'un sèche-cheveux afin d'évaluer le résultat au préalable.
Je n'utilise plus d'adjuvant de lavage, car je n'utilise plus que des fixateurs alcalins.
TR
Bonjour TiMo, je presse le papier, comme indiqué dans le lien, à l'aide d'un rouleau de pressage. Cela permet d'évacuer une grande quantité d'eau du support en papier épais et la photographie « épouse » le support de séchage. En effet, avec mon papier – j'utilise le Fomabrom –, j'ai parfois constaté de petites éraflures à l'état humide, car mon ancien rouleau presseur glissait dessus au lieu de rouler. Avec un chiffon, il n'y a aucun problème. Mais je te conseille d'abord d'essayer sans, pour voir si cela fonctionne aussi bien sans défaut.
Pour faciliter le rinçage, j’utilise une pincée de cristaux de soude dans 1 litre d’eau pendant 3 minutes, après avoir effectué un lavage d’environ 10 minutes. Ensuite, je remets la photo dans le lavage.
D'ailleurs, j'arrive encore assez bien à sécher des images 13x18 dans la presse à sec. On trouve ce genre de presses à très bon marché sur eBay. Mais ce format est sans doute encore trop petit.
À propos de l'« effet dry down » : j'utilise une petite presse à sec de ce type pour mes dernières bandes d'essai finales, afin de contrôler ce noircissement ultérieur.
Lors du séchage au ruban adhésif, on a généralement aussi une expérience auditive plus agréable lors de la découpe : cela produit alors un son étrange, comme un « pling », lors de la première coupe. La tension s'échappe alors du matériau et on se rend compte des forces qui ont agi ici. C'est aussi un travail artisanal, et peu de gens sont encore capables de fabriquer à la main une pièce unique d'une telle qualité.
Personnellement, j'apprécie également la surface du papier baryté brillant « séché à l'air ». Il est alors chatoyant, finement grainé. Je n'aime pas trop le papier ultra-brillant, et le papier mat ressemble toujours un peu à du papier d'imprimante ; de plus, il ne permet pas d'obtenir un noir profond.
gurkensaft
Salut Tim,
Comme T.R. l'a déjà bien expliqué, je colle le papier sur la plaque de verre.
C'est où, « ICI » chez toi ? En Asie ?
Comme je l'ai dit, j'utilise du ruban adhésif pour placage, qu'on trouve (ou devrait trouver) dans les magasins spécialisés en menuiserie.
Peu importe où se trouve « ici », je suppose.
Je serais toutefois prudent avant de laisser le ruban sur la photo (si celle-ci est « importante »). Demande au préalable au fabricant quel adhésif est utilisé, ou s’il contient des additifs et lesquels.
En général, je le découpe, car je monte les tirages sous verre de toute façon.
Je suis également d'accord avec T.R. sur le fait que cette méthode est la plus simple et la plus sûre pour les grandes photos sur toile. En plus, c'est très très rapide.
Salutations, Torsten
TiMo
Bonjour Torsten,
Je vis au Japon et beaucoup de choses – surtout dans le domaine du bricolage – sont introuvables ici ou d'un prix exorbitant (j'ai fait le tour de huit magasins de bricolage et d'automobile pour trouver quelque chose d'aussi simple que de la graisse ; j'ai finalement dû la commander en ligne). Trouver du ruban adhésif pour placage va sans doute me prendre plusieurs heures de recherche et me coûter une fortune, si tant est qu'il en existe.
Malheureusement, c'est aussi le cas pour les produits chimiques à l'état brut.
[size=3]Ajout : je viens de demander du ruban adhésif pour placage dans un atelier de menuiserie. Ils m'ont juste regardé comme si j'étais ivre. Je vais devoir chercher du ruban adhésif pour aquarelle ou quelque chose du genre.[/size]
Bonjour T.R.,
si ça fait *PING*, ça m'irriterait. Si quelque chose était sous tension et qu'il se détend ensuite, je supposerais qu'il s'est déformé. Bon, je verrai bien.
Peut-on estimer à peu près l’intensité du noircissement ? Un demi-diaphragme ?
En tout cas, j’ai hâte de faire mes premiers essais avec la barytine. Il faudrait sans doute prévoir beaucoup plus de temps que pour le papier RC.
Merci aussi à Mono. Je ne savais pas qu’on pouvait se passer de l’aide au lavage avec un fixateur alcoolique.
Morte
Je ne savais pas qu'on pouvait se passer de l'aide au lavage avec un fixateur alcoolique.
Et ce n'est pas tout. Tu peux aussi réduire le temps de trempage, voire le diviser par deux. Regarde ici, tu trouveras plus d'informations à ce sujet :
http://www.fotoimpex.de/shop/fotochemie-chemistry/fixateur noir et blanc - stop-and-fixing/rollei-rxn-fix-neutral-1-literbrrollei-rsn-fix-netural-1l.html
Pour en savoir plus sur l'effet « dry-down » et comment y remédier, c'est par ici :
http://www.achtung-analog.de/lab_drydown.html
gurkensaft
Salut Tim,
Ça m'étonne, vu que le Japon a une tradition ancestrale de menuiserie. Mais en tant que consommateur final, c'est peut-être difficile de s'en procurer. C'est possible.
Alors, dans les magasins de fournitures pour artistes.
Il existe peut-être au Japon quelque chose de ce genre pour les travaux sur papier shoji. Là-bas aussi, on utilise des colles organiques.
Une fois sec, le papier est naturellement sous tension.
Il rétrécit en séchant, ce qui lui donne un aspect parfaitement plat ;)
Merci à Mono & Morte. Je n’avais jamais remarqué ce type de fixateur jusqu’à présent.
Super !
On n’a jamais fini d’apprendre.
Salutations, Torsten
gurkensaft
Complément
Autre chose qui me vient à l'esprit :
Si tu es habile de tes mains, tu peux aussi te fabriquer un cadre de séchage, comme celui décrit par exemple sur Wollstein :
http://www.fotografie-in-schwarz-weiss.de/sw-fotografie/kolumne/141-wollstein43.html
Dans ce cas, l'image est simplement maintenue par des baguettes au lieu d'être collée.
On pourrait aussi fixer les baguettes à l'aide de serre-joints ou de pinces robustes.
On économise le ruban adhésif, mais la mise en place prend plus de temps que le collage et peut s'avérer délicate selon la construction du cadre...
Salutations, Torsten
TiMo
Merci à tous pour vos conseils.
Quelqu'un connaît-il le facteur de séchage du papier MCC ?
Quel est l'inconvénient d'un fixateur alcoolique/neutre ? S'il n'y en avait pas, il n'y aurait aucune raison d'utiliser un fixateur acide.
J'ai lu quelque part que la lumière orange convenait pour le papier MCC. Quelqu'un peut-il le confirmer ?
Cordialement,
Tim
Gast
À ma connaissance, les fixateurs alcalins ne présentent aucun inconvénient.
Ceux qui doivent arrêter le développement à la seconde près opteront pour un fixateur acide. Sinon, il n’y a pas vraiment de raison d’utiliser un fixateur acide !
Ceux qui souhaitent garantir la durabilité de leurs archives, réduire les temps de fixation, économiser des produits chimiques (bain de clarification hypo) et surtout de l’eau (temps de rinçage plus courts) opteront pour un fixateur alcalin.
Une chaîne de traitement entièrement alcaline est déjà recommandée dans le Film Developing Cookbook comme étant extrêmement douce pour le traitement des négatifs et des positifs.
L'idée selon laquelle seul un fixateur acide suffirait est sans doute reprise depuis des décennies ! C'est pourquoi, aujourd'hui encore, presque tous les livres ne mentionnent que le fixateur acide.
Et lors du lavage final, on peut encore économiser des ressources : ne pas laisser les positifs tremper trop longtemps : les rincer dans un bac ou un rinceur, ce qui permet déjà d’éliminer la majeure partie des sels de fixage du papier, puis les laisser reposer 5 minutes (l’osmose réduit encore la teneur en fixateur !) et répéter l’opération 4 à 5 fois. Il en va de même pour le lavage des négatifs. Méthode Ilford : 5, 10 et 20 renversements, en laissant reposer 5 minutes entre chaque !
Je ne suis pas chimiste, mais ce que j’ai « lu ici et là » m’a convaincu et je ne procède plus que de cette manière !
Bien mieux que je ne saurais le décrire : .
Bonne littérature sur le sujet : Film Developing Cookbook
Way beyond Monochrome II
TR
[...] Économiser les ressources [...]
[...] l'osmose réduit encore davantage la teneur en fixateur [...]
En Europe centrale, on n’a certainement pas besoin d’économiser l’eau potable. Il y en a ici en quantité plus que suffisante.
On peut d’ailleurs bien observer ce phénomène d’osmose dans l’eau : de petites bulles remontent à la surface du papier.
piu58
Quel est l'inconvénient d'un fixateur alcalin/neutre ? S'il n'y en avait pas, il n'y aurait aucune raison d'utiliser un fixateur acide.
Tous les révélateurs fonctionnent uniquement en milieu alcalin. Un fixateur acide arrête le développement, contrairement à un fixateur neutre. Ainsi, si une feuille de papier contenant du révélateur (encore alcalin) était plongée dans le fixateur, le développement se poursuivrait. Si l'on utilise un fixateur neutre, il faut s'assurer que cela ne puisse pas se produire, généralement en utilisant un bain d'arrêt.
Mais on peut aussi se passer d'un bain d'arrêt et procéder à un rinçage intermédiaire à la place. Dans ce cas, le fixateur doit être acide. Le rinçage intermédiaire présente également des avantages par rapport au bain d'arrêt, notamment celui de pouvoir replonger le papier dans le révélateur si nécessaire. Je n'utilise jamais de bain d'arrêt.
Gast
< En Europe centrale, on n'a certainement pas besoin de faire des économies d'eau potable. Il y en a plus qu'il n'en faut ici. >
Oui, non, bien sûr : c'est comme l'électricité, ça ne coûte rien non plus, ça sort juste de la prise.
C'est juste bizarre que, comme l'eau, ça ne fasse que coûter de plus en plus cher chaque année !
Gast
Merci pour les conseils. ;)